Le blog de Mgr Claude DAGENS

LES PRÊTRES : AU SERVICE DE LA ROUTE DU CHRIST ET DE LA NOURRITURE POUR LA ROUTE. Homélie pour le jubilé de 25 ans de sacerdoce des Pères Fernandez et de Beauvais, le 22 juin 2014

24 Juin 2014 Publié dans #Homélies

LES PRÊTRES : AU SERVICE DE LA ROUTE DU CHRIST ET DE LA NOURRITURE POUR LA ROUTE. Homélie pour le jubilé de 25 ans de sacerdoce des Pères Fernandez et de Beauvais, le 22 juin 2014

Ce qui nous réunit à Confolens, en ce 22 juin 2014, c’est la promesse de Jésus : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui. » Cette promesse est étonnante. Elle est formulée au présent. Elle vaut donc pour aujourd’hui. Aujourd’hui, nous accueillons le Christ qui veut demeurer en nous. Nous vivons de sa vie ressuscitée dans nos corps mortels.

Cette promesse vaut pour nous tous, disciples du Christ, si nous sommes prêts à l’accueillir, Lui, le Seigneur, avec sa chair donnée, livrée pour que le monde ait la vie. Le plus étonnant, c’est que nous soyons habitués à cette promesse, à cette habitation du Christ en nous. Il faudrait peut-être que nous soyons d’abord étonnés. Qui suis-je pour accueillir cette promesse ? Suis-je prêt, sommes-nous prêts à devenir la demeure du Dieu vivant en ce monde ? Qui est cet homme nommé Jésus qui ose s’engager ainsi ?

Mais cette promesse de Jésus, qui vaut pour tous, vaut très particulièrement pour ces hommes appelés à devenir les serviteurs personnels du Christ et de son Alliance nouvelle, ceux que l’on appelle des prêtres, presbuteroi, des Anciens, au sens propre, des hommes qualifiés pour accomplir cette mission parce qu’ils ont reçu l’imposition des mains d’un évêque, successeur des apôtres du Christ.

Je n’ai ordonné prêtres ni Michel Fernandez, ni Baudoin de Beauvais, mais je les connais, je les estime, je suis heureux de travailler avec eux et, plus les années passent, et plus se vérifie ce que le Christ fait pour nous : il nous relie à lui intimement, pas seulement à cause de nos qualités et malgré nos défauts, mais parce qu’il nous a choisis, Lui, et qu’il nous envoie dans le monde afin que nous y soyons les signes de la nouvelle Alliance scellée dans le mystère et le sacrement de sa Pâque, de l’Eucharistie.

Merci à toi, Michel, d’avoir pris l’initiative de nous réunir ici à Confolens, où tu exerces ta mission, en y associant notre frère et ami Baudoin de Beauvais, ordonné lui aussi en cette année 1989, qui commémorait le deuxième centenaire de la Révolution française.

Les régimes politiques changent, l’histoire évolue, et le Christ demeure, et Lui ne cesse pas d’être pour nous le Chemin vers le Père, en nous chargeant, comme l’écrit le pape François, d’ouvrir des routes toujours nouvelles, en particulier pour ceux et celles qui tâtonnent, ou qui ont peur de l’avenir, parce que la vie est dure, que la pauvreté s’aggrave et qu’il est parfois difficile de ne pas succomber au découragement.

Reconnaître le Christ Jésus comme notre route, c’est reconnaître que rien, pas même les pires obstacles, ne peut nous empêcher d’aller de l’avant, de résister à la résignation, de pratiquer entre nous des actes de solidarité réelle, de vaincre les peurs et les préjugés, et de former, comme l’écrit encore le pape François, une belle caravane fraternelle.

Les prêtres sont au service de cette caravane, de cette route du Christ, à ouvrir et à parcourir, et ils sont aussi au service de la nourriture pour la route. C’est le sens précis d’un des mots qui désigne l’Eucharistie, le pain devenu Corps du Christ : c’est le viatique, la nourriture pour la route, car nous traversons parfois des passages désertiques, infestés par les serpents et les scorpions, et nous avons faim de confiance, nous appelons au secours, mais nous ne sommes pas désespérés et l’Eucharistie est pour nous le pain qui donne la vie plus forte que la mort.

Et à ce moment-là, prêtres et évêques, nous savons que nous sommes soutenus par d’autres personnes qui ne doutent pas de nous, alors que nous, parfois, nous sommes envahis par des doutes. Mais le Christ veille, l’Esprit Saint demeure notre Conseiller et notre Défenseur, et nous voilà ressaisis par notre mission, obligés de sortir de nous-mêmes et de nous oublier, et nous comprenons alors encore davantage que la promesse de Jésus est vraie : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi, je demeure en lui. »

Frères et sœurs, nous rendons grâces aujourd’hui pour les 25 années de mission accomplies par Michel Fernandez et Baudoin de Beauvais, mais nous reconnaissons aussi que la vie et le ministère des prêtres sont inséparables de cette fraternité des disciples du Christ qui nous relie dans un même Corps, et nous rendons grâces pour cette Eucharistie, pour toute Eucharistie parce qu’elle est la source de cette fraternité toujours exigeante. Que Dieu nous donne, dans le doyenné de Confolens et dans le doyenné de Cognac, et au-delà, de témoigner de cette fraternité qui résiste à tout ce qui pourrait l’affaiblir ! Ainsi soit-il !

+ Claude DAGENS

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