Le blog de Mgr Claude DAGENS

UN HOMME HUMILIE ET REJETE - Fête des Rameaux à la Cathédrale d’Angoulême

17 Avril 2014

Celui que nous appelons Dieu n’est pas comme nous l’imaginons parfois. Il n’est pas une puissance anonyme qui s’imposerait à nous. Il est le Père de cet homme nommé Jésus, cet homme qui va être humilié et rejeté.

En son Fils, Dieu a voulu tout partager de notre existence, et même le pire, tout ce qui va se manifester durant la passion de Jésus : la trahison sordide d’un de ses compagnons, Judas, le reniement du premier de ses apôtres, Simon-Pierre et l’abandon des autres et tout ce déferlement de haine, de lâcheté, de violences, de mensonges, dont nous venons d’entendre le récit.

Et si nous emportons chez nous ces rameaux que nous tenons dans nos mains, frères et sœurs, c’est pour que quelque chose de l’engagement du Dieu vivant avec nous nous demeure proche.

Dieu est là, peut être silencieux quand nous souffrons et que nous nous sentons seuls, mais très proche, de cette proximité terriblement réelle qui est celle de Jésus tout au long de ces heures de violences, de peur et de victoire sur la mort.

Car la violence et la peur sont là, et elles sont évidentes surtout à l’heure de l’agonie au jardin de Gethsémani, quand Jésus prie son Père :

« Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi » et encore davantage sur la croix quand il pousse ce cri de détresse en forme de question : « Eli, Eli, lama sabactani ? » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné » ? Jésus reste attaché à son Père, mais il ne joue pas la comédie, il fait l’expérience de notre solitude et de notre peur devant l’inconnu. Il est livré et il se livre.

Et la croix est pour toujours le signe de cet abandon au Père et de cette victoire sur le mal, qui n’est pas remportée par un acte magique mais par une communion à notre humanité mortelle.

En Jésus crucifié, Dieu se lie à nous pour toujours. Rien ne peut plus lui échapper de tout ce qui peut nous briser. Il est avec nous et pour nous, et le Christ Jésus devient alors mystérieusement, mais réellement, le premier né d’entre les morts, la source d’une vie nouvelle, celui qui ouvre en notre vie et en notre mort le chemin vers le Père et c’est pourquoi, tout à l’heure nous dirons de tout cœur avec Jésus « Père, notre Père qui est aux cieux, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, viens nous délivrer du mal» et que ton Esprit Saint nous ouvre à ta présence fidèle, bienveillante, libératrice, puisque ton Fils est notre frère et notre Seigneur pour toujours !

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