Le blog de Mgr Claude DAGENS

NOUS NE SOMMES PAS SEULS. Homélie lors de la fête de la Toussaint, à la cathédrale d'Angoulême

4 Novembre 2013 Publié dans #Homélies

NOUS NE SOMMES PAS SEULS. Homélie lors de la fête de la Toussaint, à la cathédrale d'Angoulême

« J’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. »

Frères et sœurs, nous ne sommes pas seuls, même si nous ressentons parfois notre solitude. Nous participons à cet ensemble qu’est le Corps du Christ, ce corps formé de notre humanité dont le Christ crucifié et ressuscité est devenu la tête. Et, dans ce Corps vivant, des relations existent entre tous les membres, entre nous qui sommes vivants sur la terre, et ceux et celles qui vivent dans le ciel de Dieu, dans ce monde renouvelé où le mal est vaincu, où l’Amour de Dieu dissout tout ce qui pourrait nous détruire. Car nous sommes saisis, à partir du baptême, par la Pâque du Christ pour devenir semblables à lui, le Ressuscité.

La fête de la Toussaint, que nous célébrons aujourd’hui, ne vient pas de notre imagination et de l’idée radieuse que nous nous ferions de l’au-delà. Elle vient des promesses de Jésus, qui, elles, sont extrêmement réalistes. Il sait, lui, parce qu’il a tout partagé de notre condition humaine, ce que c’est que de pleurer, d’avoir faim et soif de justice, de désirer la miséricorde, d’aspirer à la réconciliation et à la paix au milieu de nos petites guerres personnelles et aussi des conflits de ce monde, ce que c’est que d’être persécutés pour la justice, ou à cause des choix que nous faisons au nom de son Évangile de vérité et d’amour, face aux mensonges et aux duretés du monde.

Voilà les fondements de cette sainteté à laquelle nous sommes appelés : ce n’est pas un idéal, c’est une promesse, c’est un engagement du Christ qui, ayant choisi de vivre comme nous, affronté aux mêmes épreuves, sait ce qu’est l’action de Dieu en nous quand il répond à notre attente : « Oui, le Royaume de Dieu est à nous, quand nous apprenons à être pauvres de cœur au lieu de nous imposer, à nous désarmer, au lieu de nous battre, à faire miséricorde au lieu de nous venger ! Et ces promesses de bonheur selon Dieu, ces Béatitudes, Jésus, le premier, les a vécues, et avec lui, à cause de lui, ceux et celles qui se laissent saisir et conduire par Lui. »

Ils s’appellent Pierre et Paul, François d’Assise, Thérèse de Lisieux, Pierre Aumaître, et d’autres encore que nous avons des raisons de connaître et d’aimer, en notamment Jean XXIII et Jean-Paul II.

Entre eux, il n’y a pas de concurrence. Il y a la grande joie d’être devenus des signes de la victoire du Christ sur tout le mal du monde et d’être près de nous, devant nous, des compagnons et des amis.

Nous venons de comprendre cela lors de notre pèlerinage diocésain à Rome et à Assise. Près du tombeau de Simon-Pierre, et près de celui de Paul, à Rome, et près du tombeau de François d’Assise et de son amie Claire, nous n’avons pas fait seulement mémoire de nos ancêtres dans la foi. Nous avons vérifié qu’ils vivent près de Dieu et qu’ils agissent pour nous, et, à certains moments, nous en avons des preuves.

Près d’eux, nous comprenons ce qu’est la « communion des saints », cette grande fraternité dont le Christ est le centre vital. Nous ne sommes plus seuls. Nous pouvons tout livrer de nous-mêmes à Celui qui nous connaît comme ses enfants et qui désire qu’aucun de nous ne soit perdu.

Et le pape François, que nous avons vu et entendu sur la place Saint-Pierre et que j’ai rencontré personnellement, est là pour affermir cette grande fraternité chrétienne qui va de la terre des hommes au ciel de Dieu.

Frères et sœurs, nous ne pouvons pas nous résigner à être seulement les uns à côté des autres. Il faut que nous laissions l’Amour du Père des cieux nous relier les uns aux autres, réchauffer nos cœurs et les ouvrir, et, même si le monde ne nous reconnaît pas, nous, nous ne doutons pas de la puissance de résurrection dont nous sommes les témoins. Et nous participons à cette grande transformation du monde que le Christ ne se lasse pas de réaliser, à partir des Béatitudes !

+ Claude DAGENS

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