Le blog de Mgr Claude DAGENS

LE CHRIST EST TRÈS GRAND. Homélie lors de l'Eucharistie à Mouthiers, avec confirmation de jeunes, le 24 novembre 2013

25 Novembre 2013 Publié dans #Homélies

LE CHRIST EST TRÈS GRAND. Homélie lors de l'Eucharistie à Mouthiers, avec confirmation de jeunes, le 24 novembre 2013

Nous avons deux raisons d’être réunis ce matin, à Mouthiers, dans la joie. D’abord l’appel à regarder vers le Christ, qui est le roi de l’univers, mais qui est aussi le Crucifié, Celui qui promet d’accueillir près de lui, dans le paradis de Dieu, un criminel qui va mourir comme lui. Quel événement de miséricorde !

Et puis, il y a la joie d’avoir avec nous ces cinq jeunes qui vont franchir une étape très importante de leur vie chrétienne, et qui le savent, puisqu’ils se sont préparés à recevoir le don de l’Esprit Saint par le sacrement de confirmation.

Je ne peux pas oublier cette étonnante Révélation de Dieu que nous célébrons en cette fête du Christ roi de l’Univers. Mais je veux d’abord regarder vers ces jeunes, qui nous sont donnés pour réveiller notre foi.

Antoine, Guillaume, Oriane, Hugo, Philippine, vous êtes là parce que vous avez fait l’expérience de la présence du Dieu vivant dans vos existences. Vos lettres me le disent d’une façon très personnelle. Non seulement vous croyez en Dieu, mais vous savez que la foi au Dieu vivant, c’est une force pour vivre, pour faire face aux difficultés, pour ne pas succomber au découragement et pour avancer dans la confiance, même si l’on a parfois des raisons de douter de soi-même et des autres.

Mais il y a plus que cela dans votre expérience de jeunes croyants : il y a la certitude que Dieu vient en vous non pas pour vous inspecter, mais pour déployer vos talents, pour vous encourager à vivre en faisant valoir le meilleur de vous-mêmes : vos capacités de générosité, de courage, d’attention aux autres, et aussi de prière.

J’ai été, une fois de plus, impressionné par vos lettres et j’atteste devant tous, devant ceux qui sont croyants et ceux qui ont du mal à croire, qu’en choisissant d’être chrétiens, vous progressez dans l’existence et que vous devenez pour d’autres des signes de Dieu, de sa bonté, de sa présence, de son Alliance, plus fortes que tout ce qui peut nous éprouver.

Il n’est pas difficile d’évoquer devant vous le mystère du Christ-Roi, de cet homme nommé Jésus, qui vient du Père des cieux et qui va vers le Père en se donnant totalement, même s’il est vaincu par la violence des hommes, de ces gens qui sont au pied de la Croix et qui ricanent en le regardant et en ne comprenant rien de ce qui se passe à ce moment-là.

À ce moment-là, les cieux s’ouvrent et la Croix de Jésus n’est pas le signe d’un échec. Elle est le passage par lequel vient à nous la miséricorde du Père. Comme pour ce criminel, ce condamné de droit commun, qui se tourne vers Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ! » Et à cet appel de confiance, Jésus répond par une promesse immédiate : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis de Dieu ».

Voilà le premier des sauvés, un homme coupable qui ne s’est pas moqué de Jésus, mais qui s’est abandonné à lui, et qui a compris, à sa manière, qu’en cet homme qui vient de Dieu, qui est son Fils, tout peut être renouvelé.

C’est l’apôtre Paul qui célèbrera ce mystère avec passion dans sa lettre aux chrétiens de Colosses. Lui aussi a compris que le Christ est très grand, qu’il n’est pas venu nous dominer, mais nous ressaisir, nous pardonner, nous ouvrir le chemin du Royaume. Il est vraiment « le premier-né d’entre les morts », Celui en qui le Père « a voulu tout réconcilier, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa Croix. »

Le Christ Jésus est infiniment plus grand que nous, il est le premier-né par rapport à toute créature, et le drame, c’est que nous l’avons parfois façonné à notre image, nous l’avons rapetissé, nous l’avons réduit, nous en avons fait un pauvre homme vaincu, nous avons oublié qu’il est le Seigneur de l’Univers, non pas Celui qui s’imposerait et nous écraserait, mais Celui qui se donne et nous appelle à croire en Lui et à vivre de Lui, « qui vient chercher et sauver ce qui était perdu ».

Frères et sœurs, je vais tout à l’heure communiquer l’Esprit du Christ à ces jeunes. Je voudrais que nous le laissions nous réveiller nous aussi, et nous ouvrir à cette force douce de bonté et de miséricorde, qui vient nous renouveler et que nous ne pouvons pas refuser.

Viens, Esprit Saint et fais de nous un peuple de baptisés, de confirmés, de chrétiens, qui n’ont pas peur de se dire chrétiens et de laisser transparaître, au milieu des duretés du monde, la victoire de l’Amour de Dieu !

+ Claude DAGENS

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