Le blog de Mgr Claude DAGENS

IL S'EST DONNÉ AVEC PERSÉVÉRANCE. Homélie lors des obsèques du Père Guy Gautier, le 2 novembre 2013

4 Novembre 2013 Publié dans #Homélies

IL S'EST DONNÉ AVEC PERSÉVÉRANCE. Homélie lors des obsèques du Père Guy Gautier, le 2 novembre 2013

« Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu et ils connaissent Dieu. »

Le Père Guy GAUTIER a appris à aimer à la suite du Christ, à sa manière personnelle, c’est-à-dire avec un don certain d’effacement et aussi avec persévérance, sans livrer ses états d’âme, avec une sorte de réserve intérieure qui pouvait étonner.

Il a appris à aimer ici-même, au milieu de sa famille. Il l’a appris au Petit Séminaire de Richemont et aussi durant ses deux années passées en Allemagne, près de Nuremberg, pour le Service du Travail Obligatoire.

Puis, tout au long de son ministère de curé, de Boisbreteau à Vars, de Vars à Hiersac, et, longuement, en Charente Limousine, à Champagne-Mouton, et après sa retraite dans le doyenné de Segonzac, à partir d’Angeac-Charente.

On sentait en lui de fortes convictions intérieures dont il ne parlait que rarement, mais qu’il mettait en œuvre de façon tenace. Et même en dehors de ses tâches pastorales, lorsqu’il participait auprès du Père Joseph CHARRIER au service des Archives diocésaines. Il avait l’art de chercher et de classer, et d’exercer ainsi son vif attachement à notre diocèse d’Angoulême et à son histoire.

Plus de cinquante années de ministère actif et, presque jusqu’au bout, la volonté de servir, de participer à la vie paroissiale, d’annoncer le Christ Sauveur en célébrant l’Eucharistie.

La dernière fois que je l’ai vu, c’est à la clinique Saint-Joseph, il y a quelques mois, alors qu’il venait d’être opéré. Dès que je suis entré dans sa chambre, il m’a accueilli avec un regard limpide. Il était très paisible. Je ne sais pas s’il s’inquiétait pour lui-même, mais ce qui était sûr et visible, c’est qu’il portait en lui comme une lumière profonde qui passait à travers son corps.

Il me semble que sa foi au Dieu vivant, au Christ vivant, était forte et simple. Et c’est cela qui lui a permis de traverser toutes les métamorphoses du monde et de l’Église qu’il a connues depuis son ordination de prêtre en 1947 : de Pie XII au pape François, quels changements ! Quel travail de l’Esprit Saint à l’intérieur du Corps de l’Église ! Quelles évolutions pour les prêtres dans la façon d’exercer leur ministère, depuis le style du curé enraciné dans sa paroisse et sa commune jusqu’à cette charge élargie où il s’agit non plus de tout faire, mais de soutenir et d’animer la prise en charge commune de la mission chrétienne.

Je ne crois pas que le Père GAUTIER ait jamais été ébranlé par ces changements. Il vivait spontanément le mystère du Christ. Sa vie, il avait choisi de la donner, en comptant sur les promesses de Jésus : « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, et, là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » Et le Christ tient ses promesses de vie, de vie éternelle, de vie ressaisie et renouvelée par l’Esprit Saint.

Cher Père GAUTIER, je vous revois lors de notre dernière rencontre. Je suis sûr que vous voyez maintenant ce que vous perceviez déjà : la lumière du Christ que vous avez accueillie à longueur de vie.

Que le Christ vous donne de demeurer avec nous, de nous faire désirer cette lumière de paix et de ne jamais renoncer à la laisser rayonner à travers nos existences données !

+ Claude DAGENS

Evêque d’Angoulême

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