Le blog de Mgr Claude DAGENS

À LA LUMIÈRE DE L'AMOUR DU CHRIST ET DES BÉATITUDES. Homélie lors des obsèques du Père Jean Lapouge, le 25 novembre 2013

25 Novembre 2013 Publié dans #Homélies

À LA LUMIÈRE DE L'AMOUR DU CHRIST ET DES BÉATITUDES. Homélie lors des obsèques du Père Jean Lapouge, le 25 novembre 2013

« Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie puisque nous aimons nos frères… C’est à cela que nous connaissons l’amour : Lui, Jésus, a donné sa vie pour nous, nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. »

Il n’est pas difficile de penser à la vie et au ministère du Père Jean LAPOUGE à la lumière de ces paroles de l’apôtre Jean, parce que cet homme devenu prêtre n’a pas cessé de se laisser façonner par l’Amour de Dieu et d’en être parmi nous un signe humble et vivant.

Et il n’est pas plus difficile de comprendre que les paroles de Jésus lui-même, dans le Sermon sur la montagne, ont été vérifiées et rendues parlantes, elles aussi, par la façon dont le Père LAPOUGE, avec ses qualités et ses défauts, a été présent au milieu de nous.

Car il a été, à longueur de vie et jusque dans ses dernières années à Baignes, « pauvre de cœur », « plein de douceur », « miséricordieux » et « faiseur de paix ».

Je le revois, comme vous, avec ce sourire où s’exprimaient une sorte de tendresse et le désir visible de ne pas déranger, d’être là simplement et de laisser passer à travers lui la bonté de Dieu.

Ce prêtre, comme bien d’autres de notre diocèse, a traversé sans heurts, avec une belle fidélité, des moments très troublés de notre histoire. Il a été ordonné sous Pie XII, en 1950, et appelé à exercer son ministère le plus actif, dans le secteur de Rouillac, puis à Baignes, dans le sillage du concile Vatican II.

Il a accepté de mettre en œuvre ces transformations voulues par le Synode de 1988 et j’en été moi-même témoin, puisque j’étais là, à ses côtés, en 1995, lorsque fut constituée la nouvelle paroisse de Baignes, avec la reconnaissance et l’envoi en mission des « relais paroissiaux » dans chacune de vos communes.

J’atteste que le Père LAPOUGE, comme d’autres, percevait les enjeux de ces évolutions et acceptait avec joie des perspectives nouvelles pour sa mission de prêtre.

Peut-être que son histoire personnelle nous oblige à comprendre ce que nous n’acceptons pas toujours : l’histoire du Corps du Christ, de l’Église que nous formons et que nous servons, passe par des continuités profondes, et ces continuités existent à l’intérieur des personnes, des fidèles et des prêtres, avec toutes leurs différences.

Il nous arrive sans doute de trop mettre en valeur les ruptures, mais en réalité, l’Esprit Saint a l’art de passer à travers tous les changements du monde et de l’Église pour nous garder fidèles à l’essentiel : à cette relation vivante au Christ Jésus, qui a choisi de se révéler au monde à travers nous pour y manifester la force de son Amour.

Quand je parle de force, je pense encore au Père LAPOUGE. Il paraissait physiquement fragile, il avait eu, dans sa jeunesse, des soucis de santé, mais il y avait en lui, et même dans son corps, une force douce qui lui permettait de tenir et de ne jamais être vaincu par les difficultés.

Cher Père LAPOUGE, nous nous souvenons aussi de votre maman. Vous l’avez associée à votre mission. Elle vous a été fidèle. Vous lui deviez sans doute beaucoup. Et maintenant, nous vous confions au Christ Sauveur, l’homme des Béatitudes, avec la certitude que vous êtes vivant avec Lui et qu’avec Lui, vous devez veiller sur nous et nous appeler à être comme vous, autant qu’il nous est possible, « pauvres de cœur, pleins de douceur et faiseurs de paix », sans craindre ceux qui pourraient dire du mal de nous, parce que nous savons que rien ne peut abolir l’Amour du Père des cieux pour chacun de ses enfants.

+ Claude DAGENS

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